Chers toutes et tous,
J'attire votre attention sur une problématique qui sévit présentement au Cameroun. La problématique porte sur des thèmes qui nous sont chères au RADE, notamment la prise en compte des droits des peuples autochtones sur les forêts, les terres et les ressources naturelles, le droit foncier, le droit forestier et le rôle de la société civile. Ces thèmes font l'objet d'rune attention particulière en ce moment au Cameroun, dans le cadre du processus REDD+ (Réduction des Emissions dues à la Dégradation et à la Déforestation) initié par le ministère de l'environnement et de la protection de la nature (MINEP).
En effet, le gouvernement du Cameroun a soumis sa Readiness Plan Idea Note (R-PIN) au Fonds de partenariat pour le carbone forestier (FCPF) de la Banque Mondiale, en date du 31/07/2008.
Conformément à la composante 7 de la R-PIN, le FCPF exige l'implication voire la consultation (et non l'information, comme le fait actuellement le gouvernement) de toutes les parties prenantes, notamment la société civile, dans la mise en œuvre de la REDD +
Comme mentionné dans ladite R-PIN, la société civile camerounaise, évolue, lors de cette soumission, en rang dispersé.
A cet effet, le ministère de l'environnement et de la protection de la nature, après l'atelier de lancement du processus REDD+, organisé du 27 au 28 juin 2011, décide donc d'organiser un atelier de structuration de la société civile, en vue de sa contribution au processus REDD+
Ledit atelier de structuration de la société civile est organisé le 23 juillet 2011, à l'issu de laquelle 9 personnes physiques issues de 3 réseaux (le Réseau des femmes africaines pour la gestion communautaire des forêts (REFACOF), le réseau de foresterie communautaire (RFC) et le Réseau des Organisations de la Société civile camerounaise sur les changements climatiques (ROS4C)) sont identifiées pour coordonner la plateforme nationale REDD & changements climatiques, nouvellement crée. (voir photos dans le brouillon de communiqué en pj, photo dans laquelle vous m'identifierez en 3ème position à partir de la gauche).
En marge de cet atelier du ministère, la société civile, sous l'égide du Centre pour l'Environnement et le Développement (CED) s'est réunie dans le cadre d'un atelier de renforcement des capacités des organisations de la société civile en vue d'une participation effective au processus national REDD+ et a commis une déclaration (voir déclaration des OSC issue de cet atelier en pj)
Pour résumer cette déclaration, la société civile a estimé que l'idée de structuration des OSC en elle-même est louable, mais qu'il ne revient pas au gouvernement d'impulser une telle dynamique, car, le ministère par une telle initiative, entend avoir la main mise sur la société civile.
Dans ladite déclaration, il est mentionné qu'il est impératif pour la société civile, de garder son indépendance, en vue d'influencer l'élaboration du R-PP, en faveur de la prise en compte des intérêts des peuples autochtones et des communautés locales et en outre, profiter des opportunités qu'offre la REDD+ pour réclamer des réformes, notamment, le révision de la loi foncière et de la loi forestière, présentement défavorable à une quelconque distribution équitable des retombées de ce mécanisme, car, la loi foncière en vigueur au Cameroun fait des terres Camerounaises, la propriété exclusive du gouvernement.
Il est important de souligner que le ministère avait déjà prévu à l'avance, les organisations, à sa solde qui devaient coordonner cette plateforme, notamment les 2 réseaux cités en amont (RFC et REFACOF), qui, en réalité n'ont pas de légitimité représentative et n'ont en leur sein que leurs leaders.
L'implication de mon organisation dans le phénomène des changements climatiques, m'a permis d'être désigné pour représenter le Réseau des Organisations de la Société civile camerounaise sur les changements climatiques (ROS4C)) et réussir à m'imposer à la tête de la coordination de ladite plateforme.
C'est ainsi que la définition du mode fonctionnel et organisationnel de la coordination de la plateforme nationale REDD & Changements climatiques et l'élaboration d'une charte nous incombait.
Malheureusement, le gouvernement a réussi par des manœuvres de manipulation et d'achat de conscience, à convaincre mes collaborateurs, y compris le facilitateur de mon réseau, de m'exclure de la coordination de cette plateforme, suite à ma prise de position ferme, pour le respect des engagements énoncés dans la déclaration de l' atelier de renforcement des capacités des organisations de la société civile en vue d'une participation effective au processus national REDD+
Finalement, ceux-ci (mes collaborateurs) ont décidés impartialement et sans consultation des autres organisations, membres de la plateforme, de mettre en place un mode de fonctionnement de la coordination, centré sur les trois facilitateurs des réseaux ; vous comprendrez, que compte tenu de la non représentativité de la société civile qui caractérise les 2 premiers réseaux et du mode de fonctionnement et de leur communication qui ne garantit pas l'accès à l'information pour tous, en temps réel, les organisations membres de la plateforme ont été toutes exclues et ne sont ni consultées, ni impliquées dans les activités de ladite plateforme.
En somme la machine de manipulation, d'instrumentalisation de la société civile et de détournement des financements que le FCPF est censé mettre à la portée de la société civile camerounaise, dans le cadre de sa participation au processus REDD est bien huilée et par la même occasion, le gouvernement s'est assuré la validation de « sa » R-PP dans des conditions qui ne garantissent pas la prise en compte des intérêts des peuples autochtones et des communautés locales. Bref, la machine de spoliation des peuples tributaires des forêts est en marche et ce, avec la contribution d'une poignée d'organisations de la société civile.
Les véritables perdants dans toute l'histoire seront les peuples autochtones et les communautés locales, car, comme vous le savez certainement, et à l'instar du Cameroun, de nombreux pays forestiers s'intéressent à REDD, surtout pour le profit financier. Ils aimeraient avancer aussi rapidement que possible vers le commerce de crédits de carbone. Cela pourrait signifier que la réforme juridique, liée au droit foncier (base de la réussite de REDD au Cameroun et que nous réclamons), pourrait par exemple être ignoré car prenant beaucoup trop de temps. Il est clair que si REDD est mis en œuvre dans le contexte juridique actuel, les retombées financières ne profiteront qu'à une bande de bureaucrates et une poignée d'organisations internationales et locales.
Des communautés dans le bassin du Congo ont déjà l'expérience de promesses d'avantages financiers non tenues, notamment l'exploitation forestière ou des projets de constructions majeures comme les pipelines et elles sont donc assez sceptiques quant au fait qu'elles recevront une part des bénéfices de REDD.
Sans être défaitiste et mon engagement plus que jamais renforcé, avec certaines organisations locales, nous avons mis sur pied un groupe de travail restreint (reconnu par le FCPF), avec l'appui de Rainforest Foundation United Kingdom (RFUK) , groupe dont la mission principale est de faire un suivi continuel à toutes les étapes du processus REDD afin qu'il prenne en compte et de manière effective les droits et les intérêts des communautés autochtones et locales qui dépendent des forêts.
Nous comptons sur la contribution de toute personne ou organisation qui pourrait nous permettre de mener à bien l'objectif que nous nous sommes assignés, notamment sur le plan financier, intellectuel, communicationnel, etc.
Si vous souhaitez vous mobiliser à nos côtés pour ce noble combat, faites le moi savoir.
J'espère vous lire très bientôt
Cordialement
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Ibrahim MBAMOKO
Secrétaire Exécutif
3ème étage Immeuble Tchaya, face ancien Stamatiades , Rue pau Akwa
B.P. 1521 Douala-Cameroun
Tél. +237 33 18 31 49 / 99 74 00 46 / 75 94 96 19
skype: ibrahim.mbamoko
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PRENONS SOIN DE NOTRE PLANETE POUR LES GENERATIONS FUTURES
"Education is important and represents a priority, because if human beings don't become aware of disaster risks, acquire the knowledge necessary, and develop the appropriate behavior, attitudes and level of involvement, they will not be able to prevent them. It is important for education to facilitate and contribute to the creation of a culture of prevention and for the population and communities to take action to prepare for a disaster."
Zonia Luz Reyes Flores
Education School, National University of Trujillo La Libertad – Peru
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