Developpement Durable en Afrique

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mercredi 19 janvier 2011

L'Unesco s'inquiète de l'état des sites naturels de RDC

L'Unesco s'inquiète de l'état des sites naturels de RDC



Vendredi 14 janvier, une réunion présidée par le Premier ministre congolais Adolphe Muzito et la directrice générale de l'Unesco Irina Bukova, s'est tenue à Kinshasa en République Démocratique du Congo. L'Organisation des Nations unies s'inquiète face aux menaces qui pèsent sur cinq sites naturels congolais classés au Patrimoine mondial.


Les cinq sites concernés sont les parcs nationaux des Virunga, de la Garamba, de Kahuzi-Biega, et de la Salonga, et la Réserve de faune à okapis. Ces sites abritent une diversité unique de plantes, mais aussi des animaux rares tels que le gorille des montagnes, l'okapi, ou le rhinocéros blanc du Nord. Les nombreuses crises qu'a traversées le pays au cours des vingt dernières années, mais aussi la déforestation et l'exploitation minière artisanale, mettent en danger cette richesse, souligne l'Unesco sur son site Internet.


Lors de la réunion organisée vendredi à Kinshasa, l'Organisation a tenu à assurer son soutien à la RDC, afin de l'aider à mettre en place une "gestion durable" des parcs classés au patrimoine mondial. "Je suis convaincue de la volonté de toute la communauté internationale à vous apporter tout le soutien nécessaire et vous savez que vous pouvez compter sur celui de l'Unesco", a ainsi déclaré Mme Bokova, citée par l'AFP.


De son côté, le ministre congolais de l'Environnement, José Endundo Bononge, a assuré que "la RDC est parvenue à assurer le maintien de ses aires protégées, dans des conditions parfois dramatiques", au fil des crises militaires qu'elle a connues. Dans une déclaration dite de Kinshasa, le gouvernement s'est toutefois engagé à mettre en oeuvre des mesures coercitives imposées par le comité du patrimoine mondial pour la réhabilitation de ces sites menacés.


http://fr.news.yahoo.com/68/20110119/tsc-l-unesco-s-inquite-de-l-tat-des-site-04aaa9b.html

jeudi 13 janvier 2011

Pourquoi la justice environnementale et les droits de l’environnement en Afrique?

Le Bureau de la Justice Environnementale de l’Agence Américaine de Protection de l’Environnement définit la JE comme suit: "La Justice Environnementale est le traitement équitable et l’implication significative de toutes les personnes sans distinction de race, couleur, origine ou de revenu, dans le cadre de l’élaboration, la mise en œuvre et l’application des lois, réglementations et politiques environnementales".
En Afrique, la justice environnementale nécessite la lute contre les inégalités environnementales où qu’elles surviennent et la promotion de l’éducation des générations actuelles et futures, une éducation qui met l’accent sur les relations sociales et environnementales, sur la base de notre expérience et d’une appréciation de nos diverses perspectives culturelles. Les deux prémisses essentielles de la justice environnementale, c’est que d’abord, toute personne a le droit et doit pouvoir vivre dans un environnement sain, et qu’ensuite, c’est surtout les pauvres et les personnes les plus faibles qui manquent de ces conditions. Il en est ainsi parce que les problèmes environnementaux mondiaux (par exemple le changement climatique) et le manque d’accès aux rares ressources environnementales (par exemple l’énergie et l’eau) tendent à affecter plus durement les personnes les plus pauvres et les plus vulnérables.
La Déclaration de Rio de 1992 impose aux États de promulguer des lois nationales pour la gestion de l’environnement et pour garantir que les citoyens participent à cette gestion en leur donnant l’accès à l’information détenue par les autorités publiques par rapport à l’environnement et en leur assurant un accès effectif aux procédures administratives et judiciaires, notamment l’exercice du droit à la réparation et au recours.
L’accès à la justice nécessite que les structures gouvernementales et autres respectent non seulement les autres droits procéduraux d’accès à l’information et de participation mais également s’assurent que les droits environnementaux substantiels sont protégés afin que les citoyens aient l’opportunité de faire valoir leur droit à la réparation chaque fois qu’il y a une non-observance des droits environnementaux.
Au cours des dernières années, les organisations environnementales internationales accordent une attention accrue aux acteurs judiciaires en tant que points focaux pour la promotion du droit environnemental au plan national. Le pouvoir judiciaire est un partenaire important dans l’élaboration, l’interprétation, la mise en œuvre et l’application du droit environnemental. Les lois qui préservent, protègent et restaurent les ressources environnementales doivent être mises en œuvre et leur observance assurée.
La mise en œuvre effective des traités internationaux et d’autres accords nécessite que chaque pays ait la capacité de mettre en place les politiques, les lois et les institutions, de disposer d’un personnel qualifié et de travailler en partenariat avec la société civile.
Les deux prémisses essentielles de la justice environnementale, c’est que d’abord, toute personne a le droit et doit pouvoir vivre dans un environnement sain, avec un accès à des ressources environnementales suffisantes pour une vie décente, et qu’ensuite, c’est surtout les pauvres et les personnes les plus faibles qui manquent de ces conditions. Il en est ainsi parce que les problèmes environnementaux mondiaux (par exemple le changement climatique) et le manque d’accès aux rares ressources environnementales (par exemple l’énergie et l’eau) tendent à affecter plus durement les personnes les plus pauvres et les plus vulnérables.
Ces efforts qui soutiennent les populations et les organisations dans le règlement des questions sous-jacentes telles que les droits fonciers, les droits de propriété intellectuelle, la surexploitation des ressources de l’eau et la bonne gouvernance environnementale, sont renforcés par les praticiens de l’environnement et du développement. Cependant, l’approche de l’accès à la justice n’est pas encore pleinement intégrée dans ces efforts. Par exemple, dans le cas des services de l’eau, la discrimination dont soufrent les femmes en termes de droits fonciers, l’héritage, le droit à l’éducation et l’accès à l’emploi et aux services financiers, sont des facteurs essentiels de l’accès inégal à ces services.
En Afrique, les pauvres dépendent de leurs ressources naturelles pour leur survie. Ils sont obligés de faire le douloureux choix entre la préservation de l’environnement et la satisfaction de leurs besoins essentiels. La faim et la pauvreté obligent souvent les pauvres à surexploiter et ainsi à dégrader la base des ressources naturelles dont ils tirent leurs propres moyens de subsistance. Au vu de cela, les gouvernements doivent élaborer de nouvelles lois environnementales ou renforcer celles qui existent déjà pour protéger les intérêts des pauvres. La justice environnementale doit être popularisée en Afrique où les personnes défavorisées au plan socioéconomique et écologique sont potentiellement les premières victimes les plus exposées à l’impact de la dégradation environnementale et du réchauffement de la planète. Ainsi, une participation active, énergique et éclairée de la société civile est essentielle pour la gouvernance environnementale.
Pour une protection environnementale efficace dans les pays africains, la société civile et les gouvernements doivent avoir la capacité technique et organisationnelle pour faire face aux défis juridiques pour le bénéfice de leurs citoyens.


Droits de l’Homme, Pauvreté et Environnement


En Afrique, la plupart des gens comprennent désormais que la santé et la survie de l’homme sont menacées par des problèmes écologiques comme la pollution de l’air, la déforestation, la pénurie d’eau et le changement climatique. A cet égard, un environnement propre et sain est essentiel pour la protection effective des droits de l’homme sur le continent. Les pauvres sont les plus exposés à la dégradation environnementale et les plus défavorisés par rapport à l’accès aux services de développement sains, abordables et durables.
Les inégalités environnementales existent non seulement entre les nations du monde mais également en leur sein. Que ce soit dans les pays riches ou dans les pays pauvres, certaines populations supportent de façon disproportionnée le fardeau des effets de la dégradation environnementale. En Afrique, les enfants sont particulièrement exposés aux risques environnementaux à cause des mauvaises conditions d’hygiène. Une récente étude de l’Organisation Mondiale de la Santé indique que les "deux-tiers des maladies évitables survenant dans le monde et provoquées par des causes environnementales sont enregistrées parmi les enfants".
Les agences de développement international soutiennent qu’il est nécessaire de reconnaître et de renforcer la compréhension de la dimension de la relation pauvreté-environnement, afin d’atteindre les objectifs de réduction de la pauvreté d’ici 2015. Selon la Banque Mondiale, lorsque les pays pauvres sont appauvris du fait de la corruption et de la mauvaise gouvernance, leur peuple souffre, a besoin de plus d’aide, exploite les ressources naturelles disponibles jusqu'à épuisement pour survivre, deviennent des refugies, s’engagent dans des conflits et se retirent des marchés mondiaux.
Les droits de développement environnemental contribuent directement à l’atteinte de l’OMD 7 qui concerne la durabilité environnementale. En plus de l’OMD 7, l’environnement joue un rôle transversal dans plusieurs OMD. Selon les experts environnementaux, la durabilité environnementale est la fondation sur laquelle les stratégies pour l’atteinte de tous les OMD doivent être élaborées, et il ne s’agit pas seulement d’établir une relation occasionnelle entre la dégradation environnementale et la pauvreté, la faim, l’inégalité entre les sexes et les conditions sanitaires. D’autres exemples de synergie peuvent être trouvés dans les relations entre le droit à l’eau potable et l’OMD 4 sur la réduction de la mortalité infantile.
La justice environnementale en Afrique concerne essentiellement l’intégration des droits dans les services et les ressources environnementaux et la programmation environnementale pour aider à mener des interventions plus focalisées sur les pauvres. Les efforts pour intégrer les droits dans le développement durable aident à mener des interventions plus ciblées sur les pauvres, et par conséquent contribuent directement à l’atteinte de l’OMD 1 sur l’éradication de l’extrême pauvreté et les relations entre le droit à l’eau potable et l’OMD 4 sur la réduction de la mortalité infantile.
Les organisations environnementales, les décideurs, les juristes locaux et les intellectuels ont besoin de comprendre les lois et, plus important, comment ils peuvent les utiliser pour plaider en faveur de la protection de l’environnement, la santé et le bien-être des populations. Les organisations à la base qui protègent, représentent et défendent les intérêts des résidents pauvres jouent un rôle vital dans le renforcement de la capacité des pauvres à revendiquer leurs droits. La mobilisation sociale et le soutien actif pour les partenariats avec les organisations locales de défense de l’environnement et autres groupes de la société civile apparaissent comme une stratégie utile pour le renforcement de la capacité des titulaires des droits à revendiquer leurs droits et à tenir les SD et les autorités en charge de l’environnement pour responsables.


L’Approche des Droits de l’Homme du Reseau Africain  pour les droits de l'environnement (RAPDE)


La Conférence des Nations Unies de 1992 sur l’Environnement et le Développement tenue à Rio de Janeiro a formulé le lien entre les droits de l’homme et la protection de l’environnement largement en des termes procéduraux. Le Principe 10 de la Déclaration de Rio dispose que: “Les questions environnementales sont mieux gérées avec la participation de tous les citoyens concernées, au niveau approprié. Au plan national, chaque individu a un accès approprié à l’information relative à l’environnement qui est détenue par les pouvoirs publics, notamment les informations sur les matériaux dangereux et les activités dans leur communauté, et l’opportunité de participer dans les processus de prise de décision. Les États facilitent et encouragent la sensibilisation et la participation du public en rendant l’information largement disponible. L’accès effectif aux procédures judiciaires et administratives, y compris la réparation et le recours, doit être assuré”.
RAPDE est basé sur les droits de l’homme parce que les droits de l’homme et le développement durable se renforcent mutuellement. L’accès aux services et ressources environnementaux et la protection de l’environnement sont essentiels à la réalisation des droits humains de base, notamment le droit à l’alimentation, la santé, voire la vie elle-même. Alors, un cadre de droits de l’homme qui assure la transparence et la reddition des comptes et qui renforce la capacité des citoyens à contribuer à la gestion des ressources naturelles, permet de réaliser les objectifs environnementaux.
Une approche basée sur les droits de l’homme place l’homme au centre du développement parce qu’elle est basée sur les perceptions, les besoins et les revendications légitimes des gens. Cela conduit à l’élaboration et la mise en œuvre de programmes qui sont plus susceptibles de produire des avantages directs quant à la réduction de la pauvreté, l’éducation, la santé et l’égalité entre les sexes.
L’intégration de ces principes dans les programmes nécessite un effort spécifique pour identifier les individus et les groupes les plus marginalisés et vulnérables par rapport à l’accès aux services et ressources environnementaux, notamment les femmes, les enfants, les minorités, les peuples indigènes, les migrants, les personnes âgées, les personnes vivant avec des handicaps et les personnes vivant avec le VIH/SIDA.
Au plan national, l’affirmation des droits procéduraux tels que le droit à l’information, le droit à la participation et le droit à la réparation judiciaire, a fourni aux communautés et aux ONG un outil important pour assurer une gouvernance environnementale saine. Ces droits sont bien consacrés par les instruments juridiques internationaux et nationaux. Dans les pays qui manquent de lois et de ressources environnementales globales pour mettre en œuvre et appliquer ces lois, particulièrement en Afrique, ils jouent un rôle essentiel dans la protection des individus contre les dommages environnementaux. Ils permettent aussi à ces groupes d’exprimer leurs objections contre les dommages environnementaux et de tenir les gouvernements pour responsables. Des questions juridiques et politiques plus globales telles que les lois discriminatoires, l’absence de droits fonciers et les institutions corrompues et inefficaces, peuvent être la principale cause du fait que les pauvres et les personnes vulnérables ne sont pas en mesure d’exercer et de jouir de leurs services et ressources environnementaux et des droits relatifs à l’environnement.
RAPDE assure la promotion des droits de l’homme et des approches basées sur le développement durable parce qu’ils renforcent mutuellement la réalisation de la justice environnementale. L’accès au développement durable, l’eau et la protection environnementale sont essentiels à la réalisation des droits fondamentaux de l’homme, notamment le droit à l’alimentation, la santé et la vie elle-même.
L’Afrique est particulièrement vulnérable étant donné que ses habitants déshérités au plan socioéconomique et écologique sont les plus susceptibles d’être les premières victimes de la dégradation environnementale et du réchauffement climatique. Pour l’adoption d’une approche du développement durable et de la programmation environnementale basée sur les droits de l’homme, il est important de créer un cadre pour le renforcement de la capacité des détenteurs de droits à revendiquer et exercer effectivement leurs droits relatifs au développement durable et à l’environnement. A cette fin, RAPDE soutient la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD), prévient l’accaparement par l’élite locale des programmes de développement durable et de protection de l’environnement, et oriente son attention sur les besoins des pauvres et des marginalisés.


Pauvreté : Une Cause et une Conséquence de la Dégradation de l’Environnement


Les liens entre la pauvreté et l’environnement sont complexes en particulier dans les économies africaines basées sur les ressources naturelles. Environ deux-tiers de la population vivent dans les zones rurales et l’agriculture constitue leur principale source de revenus. La dégradation des terres, la déforestation, le manque d’accès à l’eau potable et la perte de la biodiversité, tout cela combiné avec les variations climatiques, sont des préoccupations qui surviennent invariablement de l’étude de leur environnement naturel.
La dégradation des ressources réduit la productivité des pauvres qui dépendent surtout de ces ressources, et les rend encore plus vulnérables face aux situations extrêmes (climat, les conflits économiques et civils). La pauvreté rend extrêmement difficile la relance après ces événements et contribue à affaiblir la résistance sociale et écologique. Les pauvres, avec des horizons plus réduits et habituellement un accès non sécurisé au foncier, sont incapables et souvent réticents à investir dans la gestion des ressources naturelles. De plus, les pauvres sont souvent les plus exposés aux dommages environnementaux étant donné qu’ils ne peuvent se procurer de l’eau potable ou avoir le choix de vivre dans une zone moins polluée (la Banque Mondiale, 1997).
En fait, la pauvreté et la protection de l’environnement sont étroitement liées, comme l’indique clairement le plan de développement de l’Afrique, c’est-à-dire le Nouveau Partenariat pour le Développement de l’Afrique (NEPAD). Le plan d’action environnemental du NEPAD déclare : « L’Afrique est caractérisée par deux traits intimement liés: l’augmentation du niveau de pauvreté et l’aggravation de la dégradation de l’environnement… La pauvreté demeure la principale cause et conséquence de la dégradation de l’environnement et de l’épuisement des ressources en Afrique. Sans une amélioration significative des conditions de vie et des moyens de subsistance des pauvres, les politiques et programmes environnementaux ne pourront aboutir. »
Les impacts du changement climatique sur les générations futures sont désormais inévitables. Cependant, beaucoup de choses peuvent et doivent être faites pour aider les pays en développement à s’adapter et à protéger les plus vulnérables. Avec le changement climatique, d’ici 2080, un nombre supplémentaire de 400 millions de personnes dans le monde entier pourraient être affectées par la malnutrition. 400 millions d’autres personnes pourraient être exposées au paludisme. Et un autre nombre de 1,8 milliard de personnes n’auraient pas assez d’eau pour vivre. D’ici 2050, 200 millions de personnes pourraient se retrouver sans abri en raison de la montée du niveau de la mer, les inondations et la sécheresse. Le continent africain apparaît comme celui qui va souffrir le plus du changement climatique bien qu’il ait contribué le moins au phénomène. La région subit déjà des impacts significatifs du changement climatique, notamment l’avancée du désert.
RAPDE est fortement convaincu qu’un puissant mouvement pour la justice environnementale en Afrique contribuera à l’atteinte des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD), en particulier l’OMD 7 (assurer la durabilité environnementale). L’OMD 7 aborde des questions concernant l’impact du changement climatique, la désertification, la correction de la perte des ressources environnementales, la déforestation, la nécessité de l’accès durable à l’eau potable et aux services d’hygiène de base, et l’amélioration des conditions de vie des habitants des bidonvilles. Par exemple, le manque de services de base tels que le drainage des eaux usées et l’assainissement pour des millions de personnes est l’une des questions environnementales les plus pressantes dans de nombreux pays africains aujourd’hui.
Un autre exemple est le développement commercial de la diversité biologique de l’Afrique qui est de plus en plus exploitée aux plans local, national et international. L’approfondissement des recherches et les applications commerciales pour la gestion de ces ressources nécessiteront des lois et des institutions qui protègent les droits et les intérêts des utilisateurs locaux de ces ressources ou de ceux qui subissent les conséquences de leur exploitation et de leur développement, et permettra une répartition équitable des avantages et la gestion raisonnable des impacts découlant de leur utilisation et développement.

Femme et Environnement

En Afrique, le rôle de la femme dans la gestion des ressources naturelles est multidimensionnel. Malheureusement, le rôle central et crucial de la femme est ignoré et mal apprécié. Les femmes sont souvent celles qui passent de longues heures à ramasser du bois de chauffe, à faire la corvée d’eau ou à chercher d’autres ressources naturelles. Il est absolument nécessaire que les femmes aient des droits/un accès indépendants à la terre et autres ressources naturelles. Elles s’efforcent de gérer l’environnement bien que leur lutte pour la survie donne souvent lieu à des dommages sur l’environnement en raison des activités telles que le ramassage du bois de chauffe.
Bien que les femmes apportent d’énormes contributions à l’économie, ces contributions ne sont pas reconnues à leur juste valeur comme dans le cas des hommes. La plupart des travaux effectués par les femmes ne sont pas seulement sous-payés, ils ne sont pas du tout payés. Dans la majorité des populations rurales et des couches à faible revenu en Afrique, ce sont les femmes qui font tous les travaux domestiques pendant que beaucoup d’autres s’adonnent aussi aux activités champêtres et commerciales. Elles ont la charge des enfants, des malades et des vieillards, travaillant pour ou produisant la nourriture, en plus de l’accomplissement de fonctions sociales essentielles au sein de leur communauté.
Les résultats négatifs de la perte et/ou la dégradation des ressources naturelles sont surtout subis par les femmes, qui doivent en outre s’occuper de leurs responsabilités et de leurs multiples rôles dans les familles et les communautés. Habituellement, les femmes n’ont pas de droits et/ou d’accès à la terre pour diverses raisons culturelles et juridiques bien qu’elles constituent la majorité des producteurs agricoles du monde, jouant d’importants rôles dans l’agriculture, la pêche et la sylviculture. Parmi les détenteurs de droits fonciers dans le monde, les femmes sont les moins nanties. Les femmes africaines, particulièrement celles qui vivent dans les zones rurales, sont les principales gardiennes du savoir indigène en matière de conservation des ressources naturelles, la gestion et la préparation des repas. En dépit des efforts pour les intégrer dans les activités qui favorisent le développement durable, ces femmes ont continué à rencontrer des problèmes dans presque toutes les activités de développement sectoriel relatives à la gestion des ressources naturelles. Les interventions de développement en vue de la réduction de la pauvreté doivent mettre l’accent sur le rôle important que jouent les femmes africaines dans la conservation et la gestion des ressources naturelles en initiant et en renforçant des politiques et des soutiens qui réduisent les inégalités entre les sexes.
Les guerres civiles en Afrique affectent les femmes qui portent le fardeau d’une morbidité et d’une mortalité en hausse au fil du temps. Les conflits affectent différents aspects de la santé féminine. Les femmes endurent les effets les plus terribles de la guerre, la pauvreté et les maladies en Afrique Sub-saharienne. Que ce soit pour les viols ignominieux au Darfour et à l’est de la République Démocratique du Congo, ou les victimes du VIH/SIDA, les femmes reçoivent souvent très peu d’assistance pour les aider à traiter les conséquences des actes qu’elles subissent. Le viol des femmes et des jeunes filles est devenu pratiquement une stratégie de guerre dans les conflits en Afrique. Dans certains pays, les femmes assument de plus en plus le rôle de chef du foyer en partie à cause de la mort de leur partenaire dans les conflits. Cela signifie qu’elles sont seulement responsables de l’entretien de leurs familles et prennent part aux activités agricoles, et elles n’ont pas le droit légal de posséder des terres ou d’autres ressources naturelles (qui sont les principaux moyens de subsistance). Étant donné que beaucoup de femmes ne possèdent pas de terres, les femmes et les filles font face constamment au risque de devenir économiquement instables et dépendantes de leurs parents masculins ou de leur mari. Dans l’éventualité d’un désespoir économique, elles pourraient se tourner vers des moyens tels que la prostitution ou les relations sexuelles occasionnelles, ou se plier à certaines pratiques culturelles telles que le lévirat qui pourraient les exposer aux maladies sexuellement transmissibles ou à d’autres risques sanitaires. En période de guerre ou de conflit, les infrastructures d’hygiène sont généralement médiocres dans les camps de refugiés et les femmes doivent recourir à l’assistance étrangère pour satisfaire leurs besoins. Les femmes souffrent le plus des pénuries d’eau et de la mauvaise hygiène parce qu’elles doivent voyager sur des distances encore plus longues pour chercher de l’eau dans des conditions d’insécurité.


Eau et mauvaises conditions d’hygiène


Selon le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), la proportion des populations urbaines ayant accès à l’eau potable en Afrique Sub-saharienne n’a baissé que légèrement au cours des vingt dernières années, passant de 86 pour cent en 1990 à 83 pour cent à nos jours. De plus, les populations urbaines à faible revenu doivent payer de façon disproportionnée des prix élevés pour l’eau, allant parfois jusqu’à 50 fois le prix payé par les couches plus nanties. Ce problème s’est empiré avec la rapide urbanisation qui favorise l’apparition des bidonvilles à forte densité et des conditions environnementales médiocres. L’Afrique connaît le taux d’urbanisation le plus rapide du monde à près de 5 pour cent par an. Les problèmes les plus sévères d’accès à l’eau potable sont enregistrés dans les bidonvilles à forte densité où le risque de contamination dû à l’eau impropre et aux mauvaises conditions d’hygiène est le plus élevé.
L’Afrique demeure l’une des régions du monde disposant d’abondantes ressources en eau qui bien malheureusement ne sont pas utilisées de manière efficiente. Avec 17 grands fleuves et plus de 160 lacs, le continent n’utilise qu’environ 4 pour cent de ses ressources en eau renouvelables annuelles pour le secteur agricole et les besoins domestiques. Actuellement, environ 50 pour cent de l’eau en zone urbaine sont gaspillés à l’instar de 75 pour cent de l’eau d’irrigation. Une fourniture adéquate d’eau potable et de bonnes conditions d’hygiène sont les principaux pré-requis pour soutenir la vie humaine, maintenir les systèmes écologiques qui supportent toute vie et pour réaliser le développement durable. Le septième des huit Objectifs du Millénaire pour le Développement invite les gouvernements à réduire de moitié le pourcentage des populations n’ayant pas accès à l’eau et de bonnes conditions d’hygiène. L’Afrique Sub-saharienne est la seule région qui risque de ne pas atteindre ces deux objectifs à moins que des efforts conjoints soient faits. Les mauvaises conditions d’hygiène nuisent à la santé. Plus de 700.000 enfants africains meurent chaque année de la diarrhée. La diarrhée peut aussi conduire à la malnutrition chronique. Des millions d’enfants qui survivent souffrent de la malnutrition chronique qui est la cause de plus de la moitié de tous les décès infantiles sur le continent. Les maladies obligent les enfants à manquer les classes et peuvent endommager leur faculté à apprendre. Il a été démontré que la mise à la disposition des écoles d’infrastructures d’assainissement, notamment des toilettes séparées pour les filles et les garçons, améliore la fréquentation de l’école et incite plus de filles à s’inscrire. Dans l’Afrique rurale, 19 pour cent des femmes passent plus d’une heure pour aller chercher de l’eau, une tâche fatigante et souvent dangereuse qui leur enlève la chance de travailler et d’étudier. Les femmes ne disposant pas de toilettes sont obligées de déféquer à l’air libre, au risque de leur dignité et de leur propre sécurité.

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