La médecine traditionnelle est bien prisée au Sénégal. Une enquête menée, par ENDA au niveau des ménages, a révélé que ces derniers utilisaient beaucoup plus les plantes en particulier le « laïdour » pour des pathologies bien déterminées. Une étude de ces plantes faite par Enda en collaboration avec le groupe de recherche sur les plantes de l’université Cheikh Anta Diop, pour tester leur efficacité et leur innocuité a révélé que ses plantes étaient bien efficaces et n’étaient toxiques que par rapport aux doses auxquelles, elles devraient être utilisées.
Seulement le milieu de la médecine traditionnelle semble dépourvu de toute organisation et réglementation. Ainsi nombre de personnes officient dans ce domaine sans qualification ni reconnaissance, pouvant leur permettre d’exercer le métier de tradipraticien. Difficile de savoir qui est qui dans ce contexte. Marabout véreux, charlatan ou encore d’autres personnes empoisonnent tout le temps des patients ou aggravent leur maladie, car n’ayant aucune notion de la médecine traditionnelle. Le secteur s’enrichit de plus en plus de personnes mal intentionnées qui ne se soucient que de leurs poches. C’est le constat fait au cours de l’atelier d’évaluation de la décennie Africaine de la médecine traditionnelle qui se tient à Saly.
» Malgré tout le travail que nous faisons avec les associations de tradipraticiens, nous n’avons pas pu atteindre la totalité de ceux qui se disent tradipraticiens au niveau du pays et ceux avec qui nous n’avons pas pu travailler, continuent à faire de la publicité autour de leur activité et d’ameuter les gens vers eux alors que la plupart d’entre eux ne sont que des charlatans, qui au contraire, créent davantage de problème aux personnes qui viennent les solliciter. Dans plusieurs structures de santé, on nous a confié qu’il y a des malades qui viennent les voir à des stades assez difficile même terminaux, parce qu’ils ont été d’abord voir des tradipraticiens qui leur ont prescrit des médicaments non appropriés », martèle madame Fatimata Sy coordonnatrice du Projet Plantes médicinales à Enda. Cela constitue une contrainte majeure liée à la non réglementation de la médecine traditionnelle selon madame Sy, qui a aussi signalé des problèmes de production de médicaments à base de plantes médicinales dus surtout à un manque de moyens. »Nous avons initié une petite unité de production mais elle ne peut pas satisfaire tout le pays parce qu’il n’y a pas assez de moyens pour mettre en place une unité de production capable de satisfaire la demande ». A cela s’ajoute le manque de plantes médicinales, en voie de disparition sur le territoire national. Seules quelques plantes demeurent au nord du pays.
« Malheureusement on n’arrive plus à les retrouver. Il fallait aller jusqu’au nord et on ne trouvait que quelques pieds. C’est pour cela on a initié la culture des plantes médicinales et là aussi il y a des problèmes parce que les populations ne sont pas habituées à cultiver des plantes médicinales, elles les trouvaient dans la nature. L’espace également manque et les personnes qui avaient acceptées de faire ce travail, ce sont les femmes et elles n’ont pas accès à la terre. Les autorités qui donnent les terres n’en donnent pas assez, ou donnent des terres impraticables », révèle madame Sy.
« Malheureusement on n’arrive plus à les retrouver. Il fallait aller jusqu’au nord et on ne trouvait que quelques pieds. C’est pour cela on a initié la culture des plantes médicinales et là aussi il y a des problèmes parce que les populations ne sont pas habituées à cultiver des plantes médicinales, elles les trouvaient dans la nature. L’espace également manque et les personnes qui avaient acceptées de faire ce travail, ce sont les femmes et elles n’ont pas accès à la terre. Les autorités qui donnent les terres n’en donnent pas assez, ou donnent des terres impraticables », révèle madame Sy.
Le bilan n’a pas seulement fait état de contrainte. Des réalisations et des avancées importantes ont été notées. ENDA a accompagné les tradipraticiens depuis une dizaine d’années dans la recherche, la gestion et l’utilisation des plantes médicinales.
Selon Fatoumata Sy, l’Ong s’est beaucoup investie : « nous constatons qu’il y a pas mal d’associations de tradipraticiens qui sont aujourd’hui organisées. Nous nous en félicitons car nous avons accompagné le processus de réglementation des tradipraticiens. En matière de collaboration entre médecine moderne et celle traditionnelle aussi, nous avons beaucoup travaillé en organisant des ateliers d’échanges entre les professionnels de la santé et les tradipraticiens. Mais aussi, en menant un projet de formation des agents de santé communautaires et les tradipraticiens sur les soins de santé primaire. Nous pouvons nous féliciter d’avoir accompagné des herboristes dans l’amélioration des conditions d’hygiènes et d’assainissement dans la vente des plantes médicinales. En résumé ce sont ces quelques activités que nous pouvons tirer du bilan que nous avons fait de 2000 à 2010, dix années décrétées par l’Ua, décennie africaine de la médecine traditionnelle».
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